Concert avec l’organiste Franck Besingrand et la récitante Céline Lemoine.
Johann Krieger (1651-1735)
Toccata und Fugue
(Pièce brillante) Jan Pieter Sweelinck (1562-1621)
Malle Sijmen
(Pièce volubile et décorative, témoignage de l’art flamand de la variation sur un thème populaire) Dietrich Buxtehude (1637-1707)
Ciacona e moll BuxWV 160
(Thème obstiné dans un art lyrique, au souffle de plus en plus virtuose) Georg Böhm (1661-1733)
Vater unser im Himmelreich
(Très lyrique, aussi prenant que le fameux « Aria » de Bach) Johann Sebastian Bach (1685-1750)
Jesus bleibet meine Freude BWV 147
(Concerto en ré majeur d’après Vivaldi BWV 972) Georg-Friedrich Händel (1685-1759)
Sarabande in D-Moll
Capriccio in F-Dur Johann Christoph Kellner (1736-1803)
Präludium in C-Dur
(Pièces séduisantes et représentatives de la naissance du style galant) Gottfried August Homilius (1714-1785)
Dies sind die heil gen zehn Gebot
(Ce Choral final est brillant, grandiose et apporte un bel ancrage à cette illustration des Dix Commandements)
Ouvertüre
Choralphantasie „Christ ist erstanden“
Toccata manualiter
Partita über den Aria „Schweiget mir von Weiber nehmen“
Praëludium
Ciacona
Ainsi que toutes formes musicales baroques qui donnent lieu à un programme d’improvisations
« L’une des plus justement célèbres œuvres du compositeur est aussi l’une de celles dont la paternité a été le plus souvent discutée. Cette toccata, immédiatement reconnaissable par les apostrophes qui l’ouvrent, est une musique fantasque, fantastique même, riche de fulgurances, de nombreuses trouvailles musicales, d’un épisode fugué d’où se dégagent de longs traits violonistiques, un élan et une force extraordinaires ! » Jean-Louis Étienne
Concert d’orgue avec Patrick Delabre, organiste émérite du grand orgue de la Cathédrale de Chartres, et son épouse Françoise Dornier, tous deux concertistes internationaux.
Une heure de musique des XVII et XVIIIe siècles à deux et quatre mains suivies d’une improvisation de circonstance.
Ce concert sera suivi de la visite de l’église et de l’orgue.
Ce vendredi 19 mai 2023, anniversaire de l’inauguration de notre orgue, est à marquer d’une pierre blanche avec les cinq toccatas pour orgue de Jean-Sébastien Bach interprétées brillamment par Jean-Luc Étienne pour le bonheur d’un public enthousiaste.
Cinq toccatas à l’orée d’une intégrale de l’œuvre pour orgue de Johann Sebastian Bach à venir, cinq ouvrages de formes libres composés par un jeune compositeur puisque probablement tous écrits à Weimar ou Köthen, donc avant 1723. Ces toccatas sont remarquables par leur originalité, leur flamboyance, la liberté de ton du discours qu’elles développent dans un cadre formel souple, ainsi que par la virtuosité qu’elles appellent.
Jean-Luc Étienne
Tout d’abord, la Toccata en Ré mineur BWV 565. L’une des plus justement célèbres œuvres du compositeur est aussi l’une de celles dont la paternité a été le plus souvent discutée. Cette toccata, immédiatement reconnaissable par les apostrophes qui l’ouvrent, est une musique fantasque, fantastique même, riche de fulgurances, de nombreuses trouvailles musicales, d’un épisode fugué d’où se dégagent de longs traits violonistiques, un élan et une force extraordinaires !
Pour suivre, la Toccata et Fugue en Fa Majeur BWV 540. La première partie de ce diptyque est une longue et virtuose page, immense flux de musique, comme une danse impétueuse qui se déroule sans que jamais on ne puisse reprendre son souffle ! Le second volet de l’œuvre est une fugue construite sur deux sujets, l’un grave, le second léger et enjoué, qui se succèdent avant d’être superposés l’un à l’autre.
Au cœur de ce programme, la Toccata, Adagio et Fugue en Ut Majeur BWV 564. Ce vaste triptyque commence par une page qui fait, là encore, appel au brio de l’organiste. De grands traits, manuel puis pédestre, précédent un long et vigoureux développement très polyphonique. L’Adagio qui suit évoque les mouvements lents de concertos italiens jusqu’à une saisissante rupture du discours musical conduisant à un étrange et énigmatique épisode d’une harmonie dense et complexe. Faisant contraste, une fugue vive et joyeuse, là encore très dansante, termine l’œuvre.
Ensuite, la Toccata et fugue en Ré mineur BWV 538, connue sous le nom de Dorienne. Le premier volet de ce diptyque fait entendre une musique tonique et impétueuse, qu’éclairent des variations de couleurs obtenues par de fréquents changements de clavier. La seconde partie, particulièrement vaste, est un dense développement contrapuntique, d’une richesse impressionnante. Allant bien au-delà d’une science de l’écriture éprouvée, cette fugue est d’une force chaleureuse, irrépressible.
Pour finir, la Toccata en Mi Majeur BWV 566, la moins connue de ces cinq œuvres bien que ses mérites soient grands ! Ecrite dans une tonalité encore rare à l’époque, qui nous conduit aux limites de ce que l’accord des instruments peut permettre, cette toccata, comme son illustre consœur BWV 565, est constituée d’une alternance de passages libres et fugués. Ici, un premier épisode, massif, est suivi d’une longue fugue au caractère enjoué, reconnaissable par son sujet allègre en notes répétées. Après une brève transition comme improvisée, une seconde fugue au rythme ternaire bien affirmé conduit sans interruption à une conclusion vigoureuse, d’un éclat revigorante.
Voici donc cinq œuvres brillantes qui chantent, comme semble le clamer l’orgue de Fondettes, Soli Deo Gloria !
Jean-Luc Étienne, mai 2023
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